220 logements, Angers
L’opération qui a pris le nom de son auteur : Vladimir Kalouguine, est un projet prototype, lauréat en 1971 de la première édition du programme architecture nouvelle (PAN). Ce dispositif, imaginé par le Plan Construction, donnait aux lauréats accès à des financements directs pour réaliser des projets innovants. Le ministère de l’Équipement cherchait à l’époque à promouvoir des projets différents, significatifs d’une évolution possible dans un contexte général de production massive standardisée. Le programme resta cependant expérimental. On est en présence d’un objet architectural sans égal. Avec ses formes arrondies et organiques, il s’inscrit dans une sensibilité écologiste à l’avant-garde pour l’époque. L’architecte avait qualifié son projet d’architecture accueillante aux plantes. C’est cette ambition que nous avons voulu concrétiser.
Développé avec l’accord de Vladimir Kalouguine, notre projet se concentre sur trois priorités : assurer l’étanchéité des terrasses, réaliser la végétalisation des façades, rénover les logements et les parties communes. Nous avons souhaité conserver toutes les qualités de l’architecture de Kalouguine tout en apportant des réponses adaptées aux différents problèmes qu’elle pose en termes de fonctionnement. Il n’existait pas de dispositif d’étanchéité ni de reprise des eaux de pluie. Nous avons créé des zones étanchéifiées à la résine limitées en rives par des acrotères bas qui suivent les courbes des terrasses. Le réseau de collecte des eaux de pluie, apparent et extérieur, reprend par des boites à eaux l’essentiel des terrasses du projet. Il sert de support au développement de la végétation. Des plantes grimpantes adaptées ont été implantées en pied de façades. Le dispositif est renforcé par des ailettes supports de plantations fixées le long des tubes entre les rez-de-chaussée et les premiers étages. Certaines terrasses ont été entièrement végétalisées. Les halls ont été mis en valeur par un revêtement de sol en plaques d’ardoise, des ensembles de boites aux lettre en acier laqué noir et, sur certaines parties, des reproductions de photographies représentant une prairie d’herbe hautes. Notre intervention s’est faite dans le respect d’une architecture devenue aujourd’hui iconique.